Il est rare qu’un hôtel, même modeste, vous rappelle que vous êtes en train de vivre une histoire. Ce fut le cas, il y a quelques semaines, lors d’une nuit passée à l’Hôtel du Mans, dans le quartier des Ternes, à quelques pas du Parc des Princes. Ce n’était pas un lieu de passage, mais une halte, presque une invitation à l’abandon. J’avais d’abord remarqué la façade : une pierre claire, usée par le temps, ornée de fenêtres à croisillons et d’un balcon en fer forgé qui semblait garder le silence d’un ancien roman de Balzac. Ce n’est pas tant une entrée que l’ouverture d’un coffret, un lieu où chaque détail, chaque égratignure, porte une mémoire. ...